Au pluriel, c'est souvent la mélodie qui change, pas les consonnes.
En bamoun, le pluriel n'est pas d'abord une affaire de segments : c'est une affaire de mélodie.
Le préfixe de classe porte au singulier un ton haut ou bas. Au pluriel, il porte le plus souvent un schème HB (haut-bas), et déclenche une faille tonale sur ce qui suit.
singulier — un petit arbre
pluriel — de petits arbres
La flèche ↓ n'est pas une lettre : elle indique que le ton haut suivant est réalisé un cran plus bas. C'est ce qu'on appelle le downstep, très répandu dans les langues des Grassfields.
🧠 Conséquence pratique : si vous prononcez les bonnes syllabes mais la mauvaise mélodie, vous pouvez dire « un arbre » en croyant dire « des arbres ».